Chinerie

Les Jugeotes - Chinerie - photographie @koume1130

L’autre jour, je suis allée dans un Emms, dans le Tarn.
Quelques minutes avant l’ouverture, devant le portail une longue file de voitures se crée et plusieurs personnes à pied attendent de pied ferme.

J’ai ressenti dans l’ambiance comme une frénésie.

Ces gens, étaient-ils ici pour une quête magique à la bonne affaire ?

Parfois, en chinant je peux avoir ce sentiment d’excitation en me demandant par quoi commencer.
Dans les brocantes, les vide-greniers, les Emmaüs.
Voir ces hangars ou ces places pleines de trésors potentiels.

Je préfère chiner seule, organisée, méthodique dans ma quête.
Une allée après l’autre.
Pour les vêtements, je touche les pièces sur les rayons, très rapidement le coup d’oeil est bref, un regard à la coupe, les couleurs, et mes doigts font le reste en sentant la matière.
Et parfois au milieu une pépite.
Pour les objets, je touche très peu, mon regard tourne rapidement dans les capharnaüm et parfois le regard se pose sur quelque chose d’intéressant.

Je sillonne les allées, je limite mon temps, je ne cherche rien.

J’ai remarqué que la chine était pratiquée par tout âge, toute catégorie sociale.

Ceux qui cherchent uniquement les bonnes affaires.
Ceux qui bricolent, détournent, créent.
Ceux qui le font pour le plaisir de la trouvaille.
Ceux qui dénichent, revendent, ont un œil aiguisé d’un vrai métier.
Ceux qui se baladent et flânent sans poser leurs regards.
Ceux qui aiment chercher accroupis sous des montagnes d’objets.

Que ce soit pour le côté financier, l’envie, la quête de trésor, chacun y trouve son propre intérêt.
Autant de trésors pour autant de personnes.

Que ce soient des lieux professionnels, associatifs ou occasionnels : friperies, brocantes, vides grenier, antiquités, dépôts vente ;

Les objets sont plus ou moins rangés, propres, triés, classés.

Il y a la chine où tu te noies, comme dans cet Emms l’autre jour, où le regard ne sait plus où se poser.

Et il y a les chines plaisir où tu aimes avoir le temps d’observer, de toucher chaque objet rangé, propre, choisi avec amour comme chez Jaja Broc ou les Jolies Fripes pour ne citer qu’elles.

Il y a la chine occasionnelle proposée par les particuliers plus ou moins aguerris, dans les vide-greniers.
Ceux qui étalent tout et où tu ne peux rien toucher.
Ceux qui ont tout étiqueter comme un magasin où tu ne peux pas discuter.
Ceux efficaces qui ont fait place nette.

Bref autant de stands que d’hommes et de femmes.
Des variétés entre les échelles, les concepts, les goûts, les idéaux et les convictions.
Des quêtes différentes mais une sensibilité environnementale pour tous.